Du cut au cherry

Chaviré, cherry et cut
La coupure d'un boute
La cerise de l'autre, dans l'espace qu'y'er l'notre
Un génie tonifié
Gin tonique, atomique qui coule sous mes barniques
Mon cerveau se pense ben comique
Le tit taurieux me joue des tricks
Je stress trop vieux, le trac me kick!

Chaloupé, cut et cherry
Ma cervelle se désennui certain
La plus belle se déshabille soudain
Dans la brume, sans trève
Check j'pars
Pis le bitume, je le crève
Clac, clac, j'pompe la sève

Le trac, mes pas, les bats
Le rap mène pas mes tracks
J'sais pu c'que j'vous shoot en pleine face
Ma conscience décriss avec mes cliques et mes claques
L'instinct incertain, j'le saisi à pleine main
J'suis même pu sur qu'ce soit le miens

Y'a même pu d'sens dans l'texte
Faque next, tu check le reste
Si tu veux passer l'teste
Fuis le logos comme la peste
Tu mijote trop
Accro au cogito
Si "je pense donc je suis"
Donne un sens à ta vie
Tu pense pu tu suis
J'te suis pu, tu fuis

Accroche-toi, jette l'encre
T'es groundé quand toute est en pente
Pis tu t'dis, "quessé qu'le roux m'invente"
Mais rien mon cher, j'mévente
J'm'aère la tête, j'me réinvente

Cut et cherry collés
C'est p't'être l'heure de botcher
D'écraser, d'm'effacer
Mais l'cerveau buzzé rien qu'assez
M'ordonne de complexifier
J'change la donne
Aussi orthodoxe qu'une nonne
Qu'on shot au shotgun

Mes contemporains, mes aïeux
Ils ont toute fait, mais ben mieux
Mon plus gros voeu
Serait de toute foutre s'qu'y'ont fait au feu
Pis pu jamais m'comparer à eux

Mes comparses creux
De sous-sols miteux
Mes pas cons paresseux
Mes génis endormis
Foutons le bordel dans la vie
Juste parce que j'vous l'dis
J'vous l'cri, j'le vomis

La tempête interne exploserait externe
On scrap en tête l'expo trop terne
C'trop automatique pour être ferme
Pour vous, les porcs à la ferme
J'l'affirme
J'me la ferme

*
*

J'espère que vos têtes sont ben en berne
On voyage plus loin que Jules Verne
On vogue en musique, fuck les pudiques
Crache le rythme de tes maux
Cache pas les mots qui t'rendent addict
Répondez moi, mon publique!
Criez si c'est c'qui vous excite!
Va pas falloir que j'vous l'explique!
J'veux qu'vous m'le disiez d'un ton sans réplique
Levez vous donc, mon cher publique
Pour que vos souffles, mots et esprits s'imbriquent
Ça implique plus qu'une mimique, une gimmick
C'est une musique, l'impact critique d'une plaque tectonique
C'est une lutte épique, un modèle canonique, c'est maléfique, diabolique, méphistophélique
C'est magnifique, magique
Levez-vous donc, c'que vous et moi on fait, c'est unique!!

Fuck, j'me calme, j'me peux pu
J'vois qu'y'en a une couple que j,ai confus
J'ai perdu de vue la fin dès l'début
J'demande pas à être lu, y'a pu rien qui m'est dû
Mon cerveau est rompu, j'ai pu d'jus

Cut et cherry, le pape rétrécis
Pis chaque jours, j'en perd des bouts
J'sais pu j'suis où

Le flot de mots urge
En exorcisme qui purge
La fin est ignifuge
Faque à quoi bon continuer l'déluge?

# Posté le samedi 21 février 2009 00:30

Modifié le lundi 09 mars 2009 21:12

Se jeter dans les tirs croisés

kamikaze émotionnel
L'amour envahie ma bouche
La bile, mon coeur
En équilibre précaire entre le sol et le ciel
Une femme brûle à ma droite
Une flamme à ma gauche

Bidon d'essence en plein incendie
J'y suis de plein gré
Prêtre de l'auto-destruction
Une alarme explose de ma gorge éraillée
Je danse sur les rythmes du désastre
Martyr masochiste

Je caresse le mur face première
Mes dents coupent ma langue
Mes paupières se scèlent dans l'attente
Je me languie d'elle
Milady du repos éternel
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# Posté le vendredi 20 février 2009 23:15

Modifié le samedi 21 février 2009 16:53

sans titre

Lueur léonine qui s'évapore des yeux éteints fixants le fil incandescent
L'âge du monde perle à mon front
Les regrets de l'histoire grèlent
C'est une apocalypse qui s'abat sur moi

Innocent, cogitant l'hécatombe
Je m'abat sur mon imaginaire en faucon
Je lacère les yeux d'un univers
Et ne pleurerai ailleurs que sur ma tombe
Les aveugles commanderont
Leurs mains l'écriront
"Qui nous guidera?"

Le subconscient hilare, la conscience incohérente
Je tombe de l'obélisque sur tous les horizons
Des visions de cécité plein la rétine
Je ricane la mort de milions.
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# Posté le vendredi 20 février 2009 21:28

Modifié le samedi 21 février 2009 16:43

Témoignage

Sean. J'savais pas par où commencer, alors j'ai commencé par son nom : Sean. Je risque de pas être le premier à le penser ou à le dire, mais Sean, c'était une étoile filante. Il est apparu en illuminant ma vie y'a environ 10 ans de ça, quand on était encore des enfants grassouillets et coiffés d'une coupe champignon qui voulaient rien de plus que de jouer aux jeux vidéos toute la journée en buvant du pepsi. On passait des journées entières au future shop pour jouer sur les consoles en démonstration parce qu'on n'avait pas de x-box chez nous. Puis, au fil des années, cette étoile filante est devenue de plus en plus brillante et étincelante jusqu'au point où il nous éclaboussait tous avec sa joie de vivre et son bonheur. Puis il s'est évaporé derrière l'horizon, nous privant de sa lumière souriante et sereine. Mais la lumière s'est pas éteinte pour autant, il en a laisser suffisamment en chacun de ses proches pour qu'à leur tour, ils puissent briller du même feu qui l'animait.

Mais Sean, c'était plus qu'une comète dans le ciel de nos vies; Sean, c'était un paquet d'affaires en fait : c'était un musicien, un rocker, un maestro qui dirigeait sa vie à coup de baguette de chef d'orchestre. C'était un shaman, un sage qui avait toujours des conseils à distribuer à tous ceux qui en voulaient, un érudit qui connaissait toujours quelque chose à propos de tout et qui se gênait pas pour l'enseigner aux autres. En fait, les meilleurs souvenirs que j'ai de lui, c'est quand il essayait de m'instruire sur les différentes choses de la vie, toujours avec patience, mais jamais comme s'il pensait en savoir plus. Pour lui, c'était un cadeau, quelque chose d'égal à égal. Toute connaissance était bonne à être partagée; on a appris une tonne de choses l'un de l'autre, et il a enrichi ma vie de manière considérable.
Une autre chose dont on se souviendra de Sean, c'est les repas, les déjeuners, les desserts, la bouffe exquise qu'il nous faisait le plaisir de cuisiner, comme ça, par amour, par générosité, juste pour nous faire sourire et baver d'impatience pendant qu'il mijotait ses plats sous nos narines avides.
Sean, c'était le dernier recours des gens prisonniers de Montréal à la sortie des bars, celui qui pouvait toujours nous donner un coup de main en cas de problèmes, autant à midi qu'à trois heures et quart du matin.

Je me souviendrai toujours de tout ce qu'on à pu vivre ensemble : le premier concert que j'ai vu, c'est lui qui m'y a amener, et c'est avec lui que j'ai appris à aimer la musique et à vibrer avec. C'est lui qui était à mes côtés à ma première peine d'amour, et c'est ensemble qu'on est entré dans l'adolescence, au secondaire, sans trop savoir à quoi nous attendre, et c'est à ce moment qu'il est passé du doux enfant qu'il était à l'excentrique aux cheveux longs et à la lèvre percée qu'il est devenu. Celui qui s'était fait remarqué au concert de l'harmonie de St-Edmond à la salle Pierre-Mercure, où, une quarantaine de musiciens bien présentables armés de leurs instruments classiques tous nets s'agitaient nerveusement sur leur sièges, tandis que lui arborait fièrement sa bass rose dans une des plus prestigieuses salles de concert de tout Montréal. Et bien entendu, il était assez bon pour que tout le monde le laisse faire son numéro sans commentaires, et je suis sûr qu'y'en était fier.

J'oublierai jamais la fin de semaine qu'on avait passé à Ottawa, si je ne m'abuse, en sixième année, ni celle passée à Sherbrooke en secondaire 3 et c'est grâce à lui. Il a rendu ces moments mémorables par son humour, sa bonne humeur, et notre complicité qui, malgré les années, ne s'est jamais amenuisée. Au contraire, ça à été en grandissant, et on s'est toujours compris en profondeur, il savait toujours comment je me sentais sans que j'ai à dire quoi que ce soit.

Les souvenirs les plus vifs que j'ai de lui, c'est le temps qu'on à passé dans sa voiture quand il venait me chercher le soir vers 11h, après que ma mère soit couchée et que lui soit revenu de montréal. On roulait, on écoutait de la musique, et on parlait. On parlait de la vie, et quand ça allait pas, on se consolait en se disant que malgré tout, quand on était dans cette voiture là, seuls, la nuit tombée, et qu'on laissait notre vie en suspend, on était bien. Peu importe ce qui se passait dans nos vies, les moments qu'on passait comme ça, entre deux journées, c'était des moments de sérénité et de calme, et on pouvait respirer entre deux plongées en apnée dans nos quotidiens.

Merci pour tout Sean, je t'aime.

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 17:20

Modifié le lundi 12 janvier 2009 19:17

À quoi bon?

Face à mon doute, à mes faiblesses, je constate que je n'ai pour seule opposition qu'une écriture larmoyante dont la passion tenterait d'endiguer le flot des cris brisés d'homme perdu qui trouent ma gorge. Et cette écriture, ne peut-elle être rien d'autre qu'un coup d'épée dans l'eau? À quoi bon écrire si ce n'est que crier sur le bord d'une falaise en espérant qu'un dieu quelconque nous exauce, ou au moins que notre propre écho nous empêche de tomber?

Alors à quoi bon?

-À quoi bon quoi?

À quoi bon écrire?
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# Posté le samedi 06 décembre 2008 14:13